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jeudi 20 décembre 2012

DES SUBVENTIONS DÉSÉQUILIBRÉES

Il faut croire que les faits essentiels touchant les subventions aux universités ne doivent pas être connus du grand public.

Voici un texte que j'ai transmis au quotidien Le Devoir de Montréal récemment afin de révéler au public une distribution des subventions qui devrait être connue de tous. 

On n'a toujours pas osé le publier...


Comme le « Sommet sur l'éducation » est en cours, il importe de savoir qu'un grave déséquilibre doit être corrigé.


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Le 10 décembre 2012
LE DEVOIR
Page « IDÉES »
Montréal

UNIVERSITÉS : DES SUBVENTIONS DÉSÉQUILIBRÉES

  « Les recteurs crient à l’impossible » [1] ! Mais, ont-ils examiné attentivement la distribution des subventions aux universités ? Se sont-ils vraiment interrogés sur les incroyables, sinon scandaleuses disparités qui existent depuis longtemps entre les institutions de langue française de la majorité et celles de la minorité anglophone d’origine britannique ? 

  Il semble bien qu’ils n’ont jamais osé s’élever contre le fait que la minorité de langue anglaise née au Québec, qui représente environ 8% de la population [*], récolte, bon an mal an, environ 25% des subventions générales de fonctionnement fournies par notre gouvernement à Québec, c’est-à-dire plus de 3 fois ce que reçoivent les institutions de la majorité francophone par personne.

  Il suffit en effet de consulter les données publiées du Ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie sur l’internet [2] pour avoir tous les détails des subventions. Pour l’année 2010-2011, ces renseignements sont résumés dans le tableau ci-dessous.

[1]     Le Devoir, 7 décembre 2012.

Cliquer sur le tableau pour l'agrandir.
  Selon le pourcentage d’environ 6% de la minorité anglaise historique (*), ses universités auraient donc dû recevoir 144 166 milliers de dollars au lieu de 567 345 milliers de dollars en 2010-1011. En supposant une généreuse part de 10%, elles auraient tout de même obtenu 240,276 millions. Dans ce dernier cas, nos universités de langue française se seraient partagé un ajustement de plus de 327 millions de dollars, des ressources qui manquent terriblement à celles-ci dans le moment.

  Par conséquent, si la répartition des subventions générales aux universités était faite en toute équité, les recteurs et doyens de nos universités de langue française n’auraient probablement pas fait étalage de leur désarroi dans les journaux récents à la suite des coupures de 127 millions annoncées par le gouvernement pour réussir à équilibrer le budget de 2013.

  En effet, malgré les coupures, ils disposeraient probablement de plusieurs dizaines de millions de dollars en plus si la répartition des subventions était faite avec justice.

  On est malheureusement forcé de convenir que la répartition actuelle sert très largement à l’anglicisation des immigrés, et du Québec en général. Il faut que ça cesse, en toute équité, afin que le Québec rayonne en français dans le monde tout en accordant un traitement privilégié à sa minorité anglaise.
       Jean-Luc Dion
           Professeur et ingénieur retraité
           Trois-Rivières
(*)
»» Or, à partir du moment où le Québec se définit comme étant français, par opposition à un Canada de plus en plus anglais, et qu'il reconnaît des droits à la minorité anglophone « historique », selon la conception ayant mené à l'élaboration de la Charte de la langue française en 1977, il devient primordial de définir ce qui constitue une minorité « historique ».
S’agit-il, par exemple, du nombre de locuteurs dont la langue minoritaire constitue la première langue parlée, soit, au Québec, près de 13 % de la population? S'agit-il plutôt, toujours au Québec, des locuteurs qui utilisent l'anglais comme langue d’usage (langue parlée à la maison), c’est-à-dire 11 % des citoyens? Doit-on plutôt considérer le total des anglophones de langue maternelle, soit près de 8 %? Ceux qui sont de langue maternelle anglaise, mais qui sont nés au Canada, soit 7 % de la population? Les locuteurs de langue maternelle anglaise nés au Québec, soit moins de 6 % de la population? Ou les locuteurs d’origine ethnique britannique, descendants des conquérants de la Nouvelle-France, formant possiblement moins de 3 % de la population?
Dans « Apartheid Universitaire », Louis Préfontaine, Osmora 2012.


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COMPLÉMENT

Devant l'ampleur des coupures que le gouvernement du Québec veut imposer aux universités, il est particulièrement intéressant d'examiner les données officielles sur la distribution des étudiants dans les diverses universités.

Dans le tableau suivant dont la source est précisée plus bas, les colonnes de gauche en bleu donnent la répartition des étudiants en nombre et en proportion entre les universités.

Les colonnes de droite en vert montrent la distribution qui devrait être normale selon deux hypothèses de proportion d'anglophones natifs du Québec ou minorité «historique».

Cliquer sur le tableau pour l'agrandir.

L'énorme défi du gouvernement québécois est d'établir une politique de financement des universités qui soit juste et conforme à la proportion de francophones au Québec qui est de l'ordre de 90 à 92%. 

Il serait évidemment suicidaire pour l'avenir du Québec de maintenir les proportions actuelles. 

Nos dirigeants auront-ils le courage de réaliser un virage ferme dans ce domaine vital?...


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« Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. »

« Pauvres gens misérables, peuples insensés, nations opiniâtres à votre mal et aveugles à votre bien! Vous vous laissez enlever sous vos yeux le plus beau et le plus clair de votre revenu, vous laissez piller vos champs, voler et dépouiller vos maisons des vieux meubles de vos ancêtres! Vous vivez de telle sorte que rien n'est plus à vous. »
Étienne de La Boétie

« Celui qui porte le joug sans se révolter mérite de porter le joug. » 
Proverbe roumain 
Source : http://www3.sympatico.ca/j13fortin/id15.htm

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