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mardi 15 novembre 2011

HOMMAGE À ANDRÉE FERRETTI



HOMMAGE À UNE FEMME DE CŒUR
ET GRANDE PATRIOTE

Au Québec, nous avons la chance d'avoir une large part des femmes extraordinaires qui ont marqué et marquent toujours l'histoire de leur pays dans le monde. 


Je voudrais ici rendre hommage à celle qui a traversé comme un vif rayon de lumière l'histoire de notre lutte pour l'indépendance depuis l'époque du R.I.N., le Rassemblement pour l'Indépendance nationale où elle a milité parmi les fondateurs, Madame Andrée Ferretti, que j'ai l'honneur d'avoir rencontrée.

C'est la publication de son dernier livre, « Roman non autorisé » qui me donne l'occasion de le faire.

Voici une brève biographie qu'on retrouve sur le site de « Planète Québec »...



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À onze ans, je découvrais qu’on ne peut exercer pleinement sa liberté individuelle dans une société qui bafoue les droits et la dignité de ses citoyens.

J’entrepris donc, en 1946, mon premier porte-à-porte, visitant parents, amis et voisins pour les convaincre de la légitimité de la lutte des ouvriers de la mine Noranda, engagés dans une grève durement réprimée.

Un cousin de ma mère y travaillait.

Je répétai l’opération en 1948, cette fois, pour appuyer la campagne en faveur de l’adoption de la loi dotant le Québec d’un drapeau national.

À l’école, que je dus quitter en huitième année, je me battais contre la pensée dominante qui enseignait que les Canadiens français étaient nés pour un petit pain qu’ils ne sauraient de surcroît le gagner qu’en étant bilingues.

Puis survint la littérature, l’événement le plus important de ma jeunesse autodidacte.

Entre mes seize et vingt ans, de Villon et Montaigne à Rimbaud et Sartre, en passant par les Lafontaine, Diderot, Voltaire, Hugo, et autres Balzac, j’ai lu avec passion toutes les grandes œuvres françaises, parues au cours des siècles, chacune me révélant pour mon plus grand éblouissement la puissance des mots, l’infinie diversité des destins et dans le même souffle l’universalité du désir humain de liberté et la nécessité dans laquelle se trouve chaque femme et chaque homme de se battre pour elle, individuellement et collectivement.

Ma découverte la plus foudroyante demeure néanmoins l’œuvre de Gaston Miron qui, un soir de mai 1956 m’a lui-même lu quelques-uns de ses premiers poèmes.

J’épousais en 1957 un immigrant italien qui m’a séduite par ses comportements libres et combatifs.

Contrairement aux jeunes hommes de mon entourage qui pliaient l’échine devant le mépris colonialiste des Canadiens anglais, Febo Ferretti exigeait d’eux qu’ils lui parlent français, chaque fois qu’il était mis en leur présence.

Nous eûmes trois enfants et une vie commune aussi mouvementée que durable jusqu’à ce que la mort de ce conjoint d’exception y mette fin.

C’est au soir du 8 mars 1963 que je devins membre du RIN.

J’avais appris le matin même que des jeunes, membres d’un mouvement clandestin, le Front de libération du Québec (FLQ) avaient fait exploser des bombes qui les avaient exposés à la mort et avaient tué un homme et j’avais aussitôt compris que ce n’était pas là une stratégie de lutte adéquate à notre situation.

Au début de 1967, j’étais élue vice-présidente du RIN que je quittai, quelques mois plus tard, devant la volonté de ses autres dirigeants de saborder le Parti au profit du Mouvement Souveraineté-Association (MSA) de René Lévesque, qui deviendra bientôt le Parti québécois.

En 1970, suite à la proclamation par le gouvernement Trudeau de la Loi sur les mesures de guerre, j’étais arrêtée et emprisonnée.

Accusée d’appartenance au FLQ., je demeurai incarcérée pendant 51 jours.

Je raconte ces jours vécus avec d’autres militantes, toutes des femmes merveilleusement libres, dans « Lumière d’octobre » un des récits qui composent La vie partisane.

C’est à compter du début des années 1980 que l’écriture sous toutes ses formes m’entraîna de plus en plus activement dans son sillage, les discours politiques cédant une place toujours plus importante à l’analyse historique, à la réflexion philosophique, à la critique littéraire et à l’œuvre de fiction.

Sans rupture, toutefois, puisque chez moi comme chez tous les écrivains, ainsi que le montre l’histoire des littératures, l’œuvre n’existe qu’enracinée au cœur d’une lutte contre une forme ou l’autre de la domination.

J’ai maintenant 73 ans (en 2008).

Je lutte toujours pour l’indépendance du Québec avec l’espoir de ne pas mourir sans la voir advenir, mais je suis d’ores et déjà fière d’avoir achevé Bénédicte sous enquête, le roman qui me hantait depuis plus de trente ans sur la nature de la liberté et de la joie qu’elle peut seule donner.
Titres de cette auteure présentés chez Planète Québec :
Les grands textes indépendantistes (1774-1992) Tome 1
Les grands textes indépendantistes ( 1992-2003) Tome 2
Mon chien, le soleil et moi (nouvelles)
Bénédicte sous enquête
Source :  PLANÈTE QUÉBEC
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   L'Hexagone, Collection «Fictions», 2011     ---   VLB ÉDITEUR, 2008               

Son dernier livre :

ROMAN NON AUTORISÉ

Chaque heure de la vie, de ma vie, est un événement en lui-même complet,
à dépasser sans nostalgie pour l’engager avec confiance dans la suivante,
le monde étant à jamais à découvrir avec ardeur, même par temps pourri.
– Andrée Ferretti, Roman non autorisé
Fleur Després, célèbre photographe québécoise dont la vie et l’œuvre traversent le XXe siècle, refuse obstinément de se prêter au jeu biographique d’un éditeur vorace nommé Karl. Devant l’entêtement de la photographe, Aline Ferron, jeune romancière engagée afin de réaliser le projet, renonce à son contrat et choisit de se consacrer à la rédaction d’un nouveau roman. Son héroïne aura pour nom Fleur Després.
Avec Roman non autorisé, Andrée Ferretti signe ici un quatrième roman chargé de courage et de passion. Incorrigible battante, elle poursuit ce patient mais déterminé travail de reconquête de la dignité humaine. Bâtissant une œuvre parfaitement ancrée dans notre réalité nationale, l’auteur tisse un récit qui s’abreuve tout autant à l’affranchissement quotidien de ses personnages qu’aux résistances des peuples en lutte qui ont traversé le XXe siècle. Elle s’emploie avec justesse à dessiner des paysages particuliers afin de mieux les assembler à la grande marche universelle.
Auteure de plusieurs nouvelles et de quelques essais politiques percutants, Andrée Ferretti a également publié l’incontournable recueil en deux tomes Les grands textes indépendantistes, dont le premier fut réalisé en collaboration avec Gaston Miron.
En cet automne québécois de toutes les morosités, Roman non autorisé d’Andrée Ferretti permet de s’exposer à un tenace et vivifiant vent de liberté.
SOURCE : Le Mouton Noir
Publié chez L'Hexagone, Collection «Fictions», 2011

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