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lundi 22 août 2011

PÉRIL EN LA DEMEURE...

Une courte mais percutante conférence présentée à la réunion du Nouveau Mouvement Québécois au cégep Saint-Laurent le 21 août dernier à la veille de la Commission sur la question des ressources naturelles du Québec. Daniel Breton, fondateur de MCN21 Maitre chez nous 21e siècle fait un rappel de la question énergétique pour en arriver à un constat inquiétant de ce qui se passe sous le gouvernement Charest aujourd'hui.

    Voir :  « Péril en la demeure »

On se fait voler au grand jour, et à grande échelle !



Daniel R. Breton, président de MCN21 Maitres chez Nous (clic)

Autres documents qui démontrent l'urgence de prendre les moyens qui s'imposent pour arrêter la dépossession...

Mines - Porteurs d'eau
Jean-Robert Sansfaçon
Le Devoir -- Édition du mercredi 08 avril 2009
Ce qu'on ne sait pas ne fait pas mal, veut l'adage. Dans le cas des ressources naturelles dont regorge le sous-sol du Nord québécois, il y en a qui savent et qui en profitent pour se remplir les poches sans se soucier de ce qu'ils laissent derrière eux. Et ils le font avec la complicité du gouvernement du Québec.

Les compagnies minières qui exploitent les ressources du sous-sol québécois se comportent comme des prédateurs au service de leurs seuls actionnaires. Si les minières agissent de la sorte, c'est parce que Québec, qui prétend vouloir créer de l'emploi, leur accorde des privilèges indus en délaissant son rôle de fiduciaire de nos richesses collectives. Il y a quand même une différence entre développer l'économie et épuiser la ressource, mais on ne semble pas l'avoir compris à Québec.
(...)
Pour lire la suite :  CLIC
Découvrez aussi la mine Raglan qui se trouve dans l'extrême Nord du Québec et que pratiquement personne ne connait. On y extrait pourtant depuis une douzaine d'années des millions de tonnes de minerais de cuivre, nickel, cobalt, palladium, platine, etc. qui sont parmi les plus riches au monde.


Voir la photo satellite : clic.

On pouvait lire ceci en 2006 sur un site spécialisé en mines, avant que la Falconbridge Ltd soit achetée par la multinationale Xstrata :
« All but a couple of the approximately 6 known PGM-Ni-Cu (*) deposits and 20 mineralized bodies at Raglan are owned by Falconbridge Limited the western world's third largest and perhaps, lowest cost, nickel producer. Primarily because they alone have been developing the area for nearly 20 years. It is expected that there is presently well in excess of 30 million tons of very high grade ore proven in the camp. The grades at the existing Falconbridge deposits are notably rich in Platinum and Palladium and high in Nickel. Our estimate is that Falconbridge's net cost of nickel at Raglan is near $0.00/lb, after PGM and other credits are factored in. PGM values for Raglan are very high, especially for Platinum, palladium and Rhodium and are known to assay as high as 9.3 g/t Platinum, 26.76 g/t Palladium and 24% Nickel. Exact PGM numbers for Falconbridge's Raglan Mine are a closely guarded secret (**).

(*) PGM : « platinum group metals » - Métaux du groupe platine : platine, palladium, rhodium, ruthénium, iridium et osmium : tous des métaux très précieux
         Exemples de prix de vente de ces métaux le 22 août 2011 :

Platine :  1915 $/once (troy) = 61 575 $/kg (1)
Palladium : 765 $/once
(troy) = 24 598 $/kg
Rhodium :  1875 $/once
(troy) = 60 289 $/kg
Or :       1907 $/once (troy) = 61 318 $/kg
Argent :     44 $/once (troy) =  1 415 $/kg

    (1)  1 150 $/once en 2006 ( 36 977 $/kg ).
          1 once de troy = 31,1 grammes.

(**) Dans le dernier rapport annuel de Falconbridge (2005),
      les revenus tirés du platine ne sont pas révélés !!! Voir ci-dessous.

Valeurs tirées de ce rapport annuel :


MINE RAGLAN
Nouveau Québec
Produit annuel brut 2005
À partir des prévisions de production au site
http://www.mining-technology.com/projects/raglan/
           Extraction prévue en 2007 :    1 200 000 tonnes de minerais (au moins)

 Nickel à 2,98% : 35 800 tonnes   Valeur à 14,3 $ÉU/kg : 512 M$ÉU
 Cuivre à 0,91% : 10 920 tonnes   Valeur à 3,76 $/kg :    41 M$ÉU
Métaux de la famille du platine (platine, palladium, rhodium, osmium...) :
production inconnue...

En mai 2007, le prix du nickel est monté à près de 50$/kg (Source)
Mais on estime à 1 g/t la teneur minimale en platine du minerai (on a mesuré jusqu'à 9,3 g/t !), ce qui donne environ 1,2 millions de grammes, soit 1200 kilogrammes au minimum...

En 2006, le platine se vendait environ 41 000 $can./kilogramme (Source). Le produit annuel minimal du platine pouvait être d’environ 49,2 millions de $. Mais, le rapport annuel de Falconbridge en 2005 est très très discret sur ce point : les revenus associés aux métaux précieux de la famille du platine ne sont pas mentionnés, par rapport au nickel qui a rapporté 512 millions de $ÉU...!
    Valeurs tirées du rapport annuel 2005 de Falconbridge :
http://archive.xstrata.com/falconbridge/www.falconbridge.com/documents/annual_reports/Fal_2005_AR.pdf

Note : ce dernier document PDF que j'ai toujours est disparu de l'internet au cours de 2006...
Il importe de savoir que pas un seul gramme de ce minerai n'est transformé en métaux précieux au Québec : les transformation secondaires sont faites à Sudbury dans le nord de l'Ontario après un long parcours par bateau et train via Québec. À son retour à Québec, le minerai raffiné est transporté en Norvège pour la transformation finale en cuivre, nickel, etc., les opérations les plus lucratives... (document)

Il importe aussi de savoir ce que le vérificateur général du Québec a révélé en avril 2009 : les millions de tonnes de riches minerais extraites chaque année du sous-sol québécois ne nous rapportent essentiellement rien d'autre que des salaires de mineurs et autres personnels :

Laxisme dans les mines

Radio-Canada - jeudi 2 avril 2009 à 15 h 14
Le vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, constate du laxisme dans le contrôle de l'exploitation des mines.
Dans son rapport déposé mercredi, M. Lachance estime que les mécanismes de contrôle de l'exploitation minière au Québec sont inexistants.
Il constate aussi qu'entre 2002 et 2008, 14 entreprises minières n'ont versé aucun droit minier au gouvernement. Durant la même période, ces entreprises produisaient pour 4,2 milliards de dollars en exploitant les ressources minières.
« C'est des entreprises qui ne paient pas de droits miniers parce qu'elles profitent d'un paquet de déductions, d'allocations, dans le calcul des droits miniers. Donc, pendant un certain nombre d'années, elles retirent des ressources, mais elles n'ont jamais payé de droits miniers », explique M. Lachance.
Le vérificateur général déplore également que des entreprises minières aient abandonné des sites miniers sans les nettoyer, ce qui a coûté 264 millions de dollars aux contribuables québécois.
« Il existe des mécanismes de contrôle pour s'assurer que les sociétés minières supportent idéalement 70 % des coûts de la restauration. Or, ces mécanismes-là ne fonctionnent pas », dit-il.
M. Lachance constate aussi que l'exploitation de certaines mines s'est faite sans que leurs plans aient été approuvés par le ministère de l'Environnement. Enfin, on peut lire que dans la quasi-totalité des dossiers, on ne retrouve aucune trace de collaboration entre les inspecteurs du ministère des Ressources naturelles et ceux du ministère du Développement durable favorisant « la cohérence, l'efficience et l'efficacité des activités d'inspection ».
Le vérificateur général formule une série de recommandations au ministère des Ressources naturelles pour mieux encadrer le secteur minier. Il propose entre autres de réévaluer les droits miniers et de mener à terme l'élaboration d'une stratégie minérale, prévue depuis 2007.
En somme, nous sommes les dindons de la farce sur tous les plans, ou presque !

Autres textes :

Le Bulletin de la République - 14/10/2006
ET LE PILLAGE DE NOTRE SOUS-SOL ?
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Un reportage pertinent de R-C :

Se réapproprier les ressources :
nostalgie ou stratégie?

Gérald FILION  -  Radio-Canada, 4 mars 2011
Loin de s'opposer à l'exploitation des ressources du Québec, des personnalités politiques, des milieux universitaires, syndicaux et communautaires ont lancé un appel pour la reprise de possession des ressources par l'État. Ils refusent la privatisation du gaz et du pétrole, qui s'est déroulée de 2005 à 2008.  

Les Québécois ont été dépossédés de leurs richesses disent-ils. « Volés », selon Gérald Larose, l'un des signataires de la déclaration présentée aux médias jeudi matin à l'UQAM.
C'est Daniel Breton, président de l'organisme « Maîtres chez nous XXIe siècle » (MCN21) qui a orchestré cette déclaration. Ce que la coalition qu'il chapeaute demande, c'est un virage à 180 degrés, un retour en arrière qui exigerait un changement de cap idéologique total du gouvernement Charest.

Plutôt que de céder les droits sur l'exploration et l'exploitation des ressources du Québec à des entreprises privées, les signataires de la déclaration de MCN21 sont d'avis qu'il faut que l'État reprenne une place prépondérante dans l'actionnariat et le processus de décision. Surtout, ils réclament un débat sur la question.
Pour lire la suite :  CLIC.


Jean-Luc Dion
22 août 2011


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LE DEVOIR  -  1910-2010
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« Ce qui nous laisse petits,
    c'est la peur de devenir grands »

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« On va toujours trop loin pour les gens qui vont nulle part »

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« Aucun peuple digne de ce nom dans le monde
n'a jamais craché sur son indépendance.
   Le peuple québécois serait-il si différent des autres ?
   Son état de peuple annexé et soumis serait-il définitif ?»

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