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jeudi 8 octobre 2009

L'HEURE EST ARRIVÉE...


Le compte à rebours de l'humanité a commencé, craint Albert Jacquard

Pierre Couture
Source : Le Soleil - 8 octobre 2009

(Québec) Humaniste engagé, le philosophe Albert Jacquard était de passage mercredi, au Soleil, pour nous parler de son plus récent ouvrage portant sur l'urgence de changer nos comportements autodestructeurs. Vision d'un homme lucide qui a regard éclairé sur la coopération.

Q M. Jacquard, dans votre livre Le compte à rebours a-t-il commencé?, vous évoquez un possible suicide collectif de l'humanité. Est-ce que le temps nous est compté?

R «Je crains que oui. Lorsque je parle de suicide collectif, les mots ne sont pas excessifs. Un suicide, c'est se donner la mort volontairement. Et c'est ce qu'est en train de faire l'humanité puisqu'elle a mis en place, à un coût très élevé, le moyen de détruire les hommes. Par exemple, le seul but des bombes nucléaires est de détruire l'espèce humaine. De même que de prélever les matières premières de la Terre, comme le pétrole, ne donne pas automatiquement le droit de tout prendre sans rien laisser aux générations futures. Ce que je veux dire est qu'à force de transformer le monde à notre avantage, nous risquons de fabriquer une Terre où aucun de nous ne voudra vivre.»

Q Sommes-nous condamnés à coopérer pour survivre?

R «Ou bien les humains décideront de coopérer entre eux ou bien on court à la catastrophe. Jamais au cours de l'histoire il n'y a eu autant de personnes sur la Terre. On pourrait très bientôt compter près de huit milliards d'êtres humains sur la planète. Ce qui serait raisonnable, c'est de se poser la question : comment s'organise-t-on au sein d'une si petite planète ? Oui, il faudra être heureux. Et si on poursuit notre réflexion, on se dit qu'il faudrait être heureux comme les Occidentaux. Alors imitons tous l'Occident. Ce qui n'est pas possible. Si on multiplie par huit milliards ce que vous coûtez et ce que je coûte sur la planète, il nous faudrait trois planètes pour satisfaire nos besoins. Ce qui pose un problème d'incohérence entre la taille de la planète et les besoins que nous prétendons avoir. Il est d'ailleurs clair que la consommation matérielle n'est pas liée au bonheur.»

Q À qui appartiennent les richesses de la Terre, selon vous?

R «À tous les hommes, autant ceux d'aujourd'hui que ceux à venir. Nous avons épuisé les ressources de la planète. En ce sens, les grands de ce monde ont un rôle précis à jouer. Ils doivent dire que le pétrole, le gaz, etc. sont des richesses non renouvelables qui appartiennent à tous. Nous sommes en train de détruire tout, il faut au moins s'arrêter. Prenons conscience de la crétinerie actuelle, et agissons pour la stopper. Les plus riches doivent maintenant penser à moins gaspiller. Nos comportements doivent changer

Q Au nom de la sacro-sainte création de richesse (croissance économique à tout prix), assiste-t-on à une forme d'intégrisme économique?

R «Selon moi, nous sommes en train d'aboutir à une impossibilité de continuer. Et on commence à s'en rendre compte. Cela été long et cela a été camouflé par des problèmes immédiats dus aux grandes guerres, notamment. Mais, on est en train de retrouver nos esprits et on constate qu'il est temps d'arrêter le pillage. On remarque que depuis 40 ans, le discours a changé. Il y a 40 ans, on parlait très peu d'écologie. Aujourd'hui, c'est très commun. Il faut donc repenser le système pour redistribuer la richesse de la terre de façon équitable. C'est la seule façon dont on pourra s'en sortir. Aujourd'hui, 1/5 de l'humanité dépense 4/5 des richesses. Un changement suppose une profonde remise en cause des concepts économiques comme la notion de valeur, par exemple. Je suis pour la croissance, mais celle des véritables valeurs humaines.»

Q Pouvez-vous nous parler de la crise économique actuelle et des milliards de dollars injectés dans nos économies par nos politiciens en si peu de temps?

R «C'est drôle comment nos politiciens ont trouvé de l'argent rapidement pour venir en aide aux multinationales. Ils n'ont toutefois pas autant d'argent pour sauver la planète. On commence toutefois à parler d'écologie, c'est un pas dans la bonne direction. C'est donc maintenant qu'il faut faire des choix. Lorsque nos économies sont en mutation [comme en ce moment], le mouvement est irréversible. Il faut donc en profiter pour changer la donne. Il faut toutefois que les choses changent et cela commence par les décideurs qui sont en place. Ce ne sont pas des imbéciles, ils ont le sort de la planète entre leurs mains. C'est à eux d'agir.»

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L'ACTION NATIONALE
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L'éditorial de Robert Laplante
dans L'Action nationale d'octobre 2009

Un théâtre d’ombres

- Robert Laplante

Les manœuvres de bluff et d’intimidation qui ont marqué la scène fédérale depuis quelques semaines, n’ont pas manqué de piquant. Le spectacle, en effet, nous donne à voir le Canada tel qu’il est dans la disposition qui est la sienne depuis toujours de ne reculer devant aucun prix pour maintenir le Québec dans son carcan. La joute politicienne a beau être compliquée, commentateurs et politiciens ont beau se lamenter sur l’instabilité des gouvernements minoritaires, rien ne semble assez outrecuidant pour que le Canada et ses partis politiques se donnent la peine de se demander comment ils en sont arrivés là. Tout au plus avons-nous droit aux coups de gueules sur les séparatistes du Bloc qui empêchent la politique politicienne de ronronner ou encore aux savants rapports sur les motifs et les manières de lui couper les vivres ou de le tenir à l’écart des débats pour que les choses puissent enfin tourner rondement dans le plus meilleur pays du monde.

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mercredi 7 octobre 2009

LES FUNÉRAILLES D'UN PATRIOTE





Pierre Falardeau, cinéaste et écrivain

J'aimerais partager avec vous un grand moment de l'actualité, et même de l'histoire du Québec, si vous n'étiez pas branché sur le canal d'information LCN ce matin, le 3 octobre 2009, à l'occasion des funérailles de l'intellectuel et patriote Pierre Falardeau qui dérangeait tellement nos pharisiens locaux...

On peut voir diverses vidéos de l'évènement dans les archives de LCN du réseau Canoë.
Du moins, ces vidéos étaient accessibles le 7 octobre.

Voir les liens suivants :


  1. Écoutez Jules Falardeau, son fils, 3 oct. 2009


  2. Falardeau: émission spéciale (partie 1), 3 oct. 2009


  3. Falardeau: émission spéciale (partie 2), 3 oct. 2009


On peut ajouter cet autre document qui aide à comprendre l'homme qu'il était :
Sa dernière entrevue à LCN : clic.

Après avoir vu et entendu ces documents émouvants, et observé les réactions de l'assistance, particulièrement révélatrice de certains personnages, on pourra peut-être conclure que nous avons vécu là un élément historique déclencheur...

Parmi les textes marquants, sacrés et profanes, lus à cette occasion, il y a cet extrait de
L'Évangile selon saint Luc qui aurait été choisi par Pierre Falardeau, comme la musique remarquable qui fut interprétée. Une rude dénonciation de la trahison des élites :

11 37 Comme Jésus parlait, un pharisien l'invita
...pour le repas de midi. Jésus entra chez lui et se mit à table.
38
Le pharisien fut étonné en voyant qu'il n'avait pas d'abord fait son ablution avant le repas.

39 Le Seigneur lui dit : « Bien sûr, vous les pharisiens, vous purifiez l'extérieur de la coupe et du plat, mais à l'intérieur vous êtes remplis de cupidité et de méchanceté.
40
Insensés ! Celui qui a fait l'extérieur n'a-t-il pas fait aussi l'intérieur ?
41 Donnez plutôt en aumônes ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous.
42 Malheureux êtes-vous, pharisiens, parce que vous payez la dîme sur toutes les plantes du jardin, comme la menthe et la rue, et vous laissez de côté la justice et l'amour de Dieu. Voilà ce qu'il fallait pratiquer, sans abandonner le reste.
43 Malheureux êtes-vous, pharisiens, parce que vous aimez les premiers rangs dans les synagogues, et les salutations sur les places publiques.
44 Malheureux êtes-vous, parce que vous êtes comme ces tombeaux qu'on ne voit pas et sur lesquels on marche sans le savoir. »
45 Alors un docteur de la Loi prit la parole : « Maître, en parlant ainsi, c'est nous aussi que tu insultes. »
46 Jésus reprit : « Vous aussi, les docteurs de la Loi, malheureux êtes-vous, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter, et vous-mêmes, vous ne touchez même pas ces fardeaux d'un seul doigt.
47 Malheureux êtes-vous, parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, alors que vos pères les ont tués. 48 Ainsi vous témoignez que vous approuvez les actes de vos pères, puisque eux, ils ont tué les prophètes, et vous, vous bâtissez leurs tombeaux.
49
C'est pourquoi la Sagesse de Dieu elle-même a dit : Je leur enverrai des prophètes et des apôtres, ils tueront les uns et en persécuteront d'autres.
50
Ainsi cette génération devra rendre compte du sang de tous les prophètes qui a été versé depuis la création du monde,
51
depuis le sang d'Abel jusqu'au sang de Zacharie, qui a péri entre l'autel et le sanctuaire. Oui, je vous le déclare : cette génération devra en rendre compte.
52 Malheureux êtes-vous, docteurs de la Loi, parce que vous avez enlevé la clé de la connaissance ; vous-mêmes n'êtes pas entrés, et ceux qui essayaient d'entrer, vous les en avez empêchés. »
53 Après que Jésus fut parti de là, les scribes et les pharisiens se mirent à lui en vouloir terriblement, et ils le harcelaient de questions ; 54
ils étaient à l'affût pour s'emparer d'une de ses paroles.

Source : Textes liturgiques, © AELF, Paris.

On sait comment Falardeau fut stigmatisé et calomnié après que certains petits notables ou journalistes se soient emparés d'une ou deux de ses paroles, souvent sans avoir lu ses écrits ni vu ses films...

Sa plus percutante dénonciation des sépulcres blanchis se trouve sans doute dans le film documentaire d'une vingtaine de minutes intitulé « Le temps des bouffons » qui a été primé dans plusieurs pays, même au Canada (Sudbury). Pour le voir : clic.

1993
LE TEMPS DES BOUFFONS
Scénarisation et réalisation

  • Le prix Meilleur court-métrage, Sudbury, Canada 1994
  • Le prix Meilleur court-métrage, Bilbao, Pays Basque 1994
  • Prix de recherche Clermont Ferrand, France 1995
  • Festival des films du monde de Montréal
  • Festival of festivals, Toronto
  • Festival de Nyon, Suisse
  • Festival d'Oberhausen, Allemagne
  • Festival de Sac Paulo, Brésil
  • Festival de Manosque, France
  • Festival de cinéma, Australie, 2002
  • Festival du court-métrage de Bruxelles, 2004
  • Prix du public au Festival du court-métrage de Barcelone, 2004
  • Festival du court-métrage au Saguenay, 2004
Par ailleurs, son chef-d'œuvre, est sans doute le très émouvant « 15 février 1839 » :

2000
15 FÉVRIER 1839
Scénarisation et réalisation

  • Prix Jutra du meilleur acteur, de la meilleure actrice de soutien, de la meilleure direction artistique et du meilleur son.
  • Rendez vous du cinéma québécois, 2002
  • Prix spécial du jury, Festival de Kalamazoo, Michigan, Etats Unis, 2003
  • Festival du film de Vancouver, Canada
  • Festival du film québécois, Dakar, Sénégal
Jean-Luc Dion


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QUELQUES CITATIONS DE PIERRE FALARDEAU...


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« On va toujours trop loin pour les gens qui vont nulle part. »
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« On est responsable de l'époque où on vit,
de la situation où on est.
J'ai toujours cru qu'un intellectuel doit intervenir dans la société. »

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« Une oeuvre est à la fois politique, artistique, humaine et philosophique.
Je fais des films pour que ça reste.
Une fois qu'on sera indépendant,
c'est un film qui peut servir au reste de l'humanité. »


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« Ce n'est pas comique [Elvis Gratton];
c'est un portrait de nous pas très reluisant !
Il y a des petits jeunes qui, la première fois,
avaient perçu le film au premier degré.
Ils avaient ri des farces et des coups de pied au cul.
Mais en vieillissant, ou quand ils arrivent au cégep et que leurs profs leurs disent :
'Savez-vous ce que c'est, Elvis Gratton ?
Avez-vous saisi de quoi ça parle? '
certains se réveillent. »

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« Des Elvis Gratton i' en a mur à mur au Québec.
Aussitôt qui en a un qui meurt.
i' en a mille qui sont prêts à prendre sa place! »


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« Chaque film, chaque maison, chaque poème, chaque robe, chaque chanson
que nous créons fait exister le Québec, un peu plus chaque jour.
Nos chefs d'œuvres , comme nos cochonneries. Parce que ce sont nos cochonneries.
Le Québec existe dans nos rêves. Par nos rêves.
Et le jour où nous cesserons de rêver, le pays mourra. »


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« Pour les lâches, la liberté est toujours extrémiste. »
 



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« Un peuple qui ne sait pas où il va
est sûr d'y arriver dans un état exécrable. »



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