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samedi 26 décembre 2009

UN QUÉBÉCOIS QUI SE RESPECTE


 
Voici le texte de M. Facundo Medina, originaire d'Argentine, qui a bien compris ce que signifie être Québécois et qui le met en pratique, beaucoup mieux que de nombreux autres... :

La loi rapaillée
Facundo Medina
Source :  Le Devoir (opinions)
mardi 17 novembre 2009


« Happy birthday to you ». Ainsi chantent mes amis argentins du West Island avant de souffler les cinq bougies du gâteau de leur petite fille Sofia. Nous sommes dans un centre d’amusement pour enfants situé près de l’autoroute 40. Mon fils Félix, qui a six ans, me demande tout bas : « Pourquoi ils chantent en anglais si on parle tous espagnol ? » Je ne sais pas quoi lui répondre.
J’ai envie de lui expliquer le sens du mot « cipaye », mais il n’a que six ans. À l’époque de l’Empire ottoman, les cipayes étaient des cavaliers maghrébins au service de l’armée turque. Plus tard, on utilisa ce mot pour désigner les soldats indiens servant dans l’armée de l’Inde britannique ou dans l’armée française. En Amérique latine, on utilise aujourd’hui le mot « cipayo » pour dénommer ceux qui sont colonisés même dans leurs idées, adhérant, au point de s’auto-effacer, aux valeurs d’une culture foraine dominante.
Mais Félix n’a que six ans. Alors, je laisse tomber.
Le choix du français
Quelques jours plus tard, la Cour suprême du Canada déclare inconstitutionnelle la loi 104. À mon travail, des collègues explosent de joie. « This is democracy. On a le droit de choisir notre langue. » Leur réaction ne m’étonne point. C’est la mienne qui m’étonne : je suis outré.
Il y a dix ans que je suis arrivé au Québec. Ce ne fut pas un choix fait au hasard. J’ai choisi le Québec parce qu’on y parle le français, et le Québec m’a choisi pour la même raison. En Argentine, j’avais aussi étudié l’anglais. En fait, j’ai fait une partie de mon éducation universitaire dans un établissement anglophone. Pour moi, parler l’anglais, c’est une richesse et un atout.
Mais je n’aurais jamais le culot de demander aux Québécois de payer de leur poche pour l’éducation de mes enfants dans une langue autre que la langue officielle instituée par la loi 101. Ma conception de la démocratie diffère alors foncièrement de celle de mes collègues et amis. Il ne s’agit pas de mettre à genoux un peuple et un gouvernement pour faire valoir un droit individuel, mais de respecter une loi et une langue choisies et valorisées par l’écrasante majorité des francophones. De toute évidence, les juges de la Cour suprême n’ont pas été du même avis.
Des choix
Si j’avais décidé de vivre et d’éduquer mes enfants en anglais, j’aurais pu m’installer à Toronto ou à Vancouver. Si j’avais voulu vivre dans une province officiellement bilingue, je serais allé au Nouveau-Brunswick. Pour l’inuktitut, pas de meilleure place qu’Iqaluit. Si je voulais que Félix soit éduqué en anglais au Québec — au risque de le transformer en handicapé linguistique dans sa propre terre — je pourrais encore l’envoyer dans une école privée non subventionnée.
Si j’étais anglophone de naissance, j’aurais tout simplement le droit d’éduquer mes enfants en anglais et peut-être que je le ferais. Ces choix m’appartiennent et ils ne portent préjudice à personne. Ils ne bafouent pas les conquêtes d’une société qui a décidé de ne plus se comporter en cipaye.
On voudrait réduire la question à une querelle entre gens purs et durs et gens flexibles, entre francophones intransigeants et monsieur l’opprimé qui ne veut que choisir en toute liberté. C’est une absurdité. Aucun Italien ne pourrait exiger de Rome que l’État paye pour l’éducation de ses enfants dans une langue autre que l’italien, et je vous épargne la liste des exemples. Cela va de soi.
Protéger sa langue
Est-ce que le Canada n’est pas un pays bilingue ? Si, il l’est, mais seulement au niveau de la bureaucratie fédérale. Tout comme l’Alberta et la Colombie-Britannique, le Québec n’est pas officiellement une province bilingue et il s’est donné en conséquence le droit légitime de protéger sa langue. En déclarant inconstitutionnelle la loi 104, la Cour suprême a traité le Québec comme s’il agissait d’une succursale de Poste Canada à Saint-Tite où on refuse de servir les clients en anglais.
Les écoles-passerelles sont l’aboutissement logique d’une dynamique perverse qui sacrifie les acquis collectifs sur l’autel des caprices individuels. Elles légitiment la tricherie et incarnent la volonté de se soustraire à une loi amplement consensuelle au Québec, tout en ayant recours aux marteaux des juges qui sont au-dessus de la réalité québécoise, mais aussi et surtout loin d’elle. La loi 104 du gouvernement Landry a voulu mettre un point final à cette aberration.
Or elle s’est retrouvée sur le banc des accusés.
Les armées cipayes
Je sais que ces mêmes mots, sous la plume d’un Québécois de souche, seraient qualifiés d’intolérants, voire de racistes. Je sais qu’un immigrant comme moi qui se porte ainsi à la défense du français pourrait être aussi qualifié de « cipayo ». Mais je suis au Québec, pas à Buenos Aires. Et s’il s’agit de défendre les droits d’une minorité, je me dis qu’on devrait d’abord se rappeler que les francophones sont la plus grande minorité à l’intérieur d’un Canada anglophone. La Cour suprême semble avoir fait fi de ce détail.
Qu’en est-il de ces gens qui rêvent de faire éduquer leurs enfants en anglais ? Il y en a de toutes les sortes : nouveaux arrivants, immigrants de longue date et Québécois francophones de souche qui ont perdu toute estime de soi. Leur cécité est plus sévère que celle des juges. Ils ont décidé de circuler à contresens de l’Histoire, tout en nous faisant payer leur essence.
Actuellement, je suis en train de traduire vers l’espagnol un poème de Gaston Miron. Je me demande si les futures générations d’ici sauront qui a été ce grand poète manieur d’une identité rêvée, mais possible. Je me demande si le Québec et le français, qui ne sont qu’un, sauront résister aux assauts des armées cipayes. Je me demande si, loin de tout fanatisme et de toute coercition, nous saurons expliquer à cette minorité aveugle qu’elle n’a pas le droit moral de nous faire payer pour ses choix insensés.
En attendant, je me prépare à fêter les sept ans de mon fils Félix. Je lui dirai du fond de mon coeur : « Feliz cumpleaños, mon p’tit Québécois. »

Source
http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/273525/la-loi-rapaille (...)


Un commentaire parmi d'autres.
Celui d'un autre Québécois venu d'Argentine :

Nous sommes beaucoup plus que deux... (somos mucho mas que dos)


« Enfin un Argentin qui s'exprime clairement pour le fait français et pour la culture québécoise.
Je suis, moi aussi, Argentin d'origine mais fière d'être Québécois depuis 27 ans. Depuis mon arrivée, je me suis identifié pleinement avec la cause de la protection et développement de la langue française au Canada. J'ai déjà montré la porte de sortie à plusieurs immigrants trop frustrés de "ne pas pouvoir vivre leur anglophilie librement". Et si j'ai pu le faire c'est parce que je suis moi-même un immigrant. Un Québécois qui tiendrait mon discours serait traduit devant les tribunaux accusé de racisme et xénophobie.
Genial, Sr. Medina, estoy tan contento de leerlo y de saber que ahora somos dos pero como decía el poeta "...somos mucho mas que dos." »

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« L'indépendance,
ce n'est pas une récompense,
c'est une responsabilité.»

Pierre BOURGAULT, pionnier bien connu...


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« Le Québec sera libre et francophone,
ou la seule nation de langue française d'Amérique
disparaîtra dans l'insignifiance et le mépris.»


Jean-Luc DION


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DEMAIN – Hymne au Québec
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mercredi 16 décembre 2009

LA FLEUR DE LIS ET LES QUÉBÉCOIS







LA FLEUR DE LIS, L’HISTOIRE
ET NOTRE FAMILLE


Jean-Luc Dion (*)



Article publié dans « Les Dion en Amérique », Bulletin de liaison et d’information de l’Association des Dion d’Amérique, volume 13, numéro 4, décembre 1995.


(*) Alors président de l’Association.


« Tout groupement humain animé d’un vouloir-vivre collectif et possédant des caractéristiques nationales adopte un symbole propre à l’identifier parmi les autres peuples. Il recourt ipso facto au mode d’expression le plus naturel qui soit: la figuration graphique...» [1]. La fleur de lis, ou la fleur-de-lys héraldique, comme symbole est étroitement associée à l’histoire de notre famille, de notre peuple et des francophones d’Amérique. Et, il ne faut pas l’oublier, notre histoire, pendant deux mille ans et plus, s’est essentiellement confondue avec celle de la France. Nos origines se retrouvent dans ce creuset exceptionnel de la Gaule où se cotoyèrent plus ou moins rudement et se fusionnèrent de nombreux peuples européens: Gaulois, Celtes, Romains, Normands, Basques, Francs, etc.


De tout temps, depuis la plus haute antiquité, la fleur de lis fut un symbole constamment utilisé par nos ancêtres. De plus, les fleurs de lis ont été employées par plusieurs grandes familles des pays d’Europe, par des villes et des communautés [2],[3], de même que par les corporation de métiers et des provinces de France [4],[5]. Ce fut à l’époque de Charles VI et de Louis XII (1380-1515) que l’on fit de ce symbole le plus abondant usage dans les arts décoratifs en France.


L’utilisation de la fleur de lis en France remonte aux temps de l’Empire romain. On la retrouve à travers les différentes dynasties qui l’ont gouvernée. C’est ainsi que les Capétiens l’ont utilisée à partir du chef de leur lignée, Hugues Capet (proclamé roi de France en 987), qui portait une couronne de fleurs de lis. Le sceptre, la couronne et les habillements des rois mérovingiens (première dynastie des rois de France: 420 à 752) étaient ornés de fleurs de lis [6]. Clovis (466-511), un des premiers mérovingiens et considéré comme le premier roi de France par sa conversion au christianisme, aurait reçu les fleurs de lis de Anastase Ier, empereur d’Orient (430-518), avec le titre de consul. Charlemagne (742-814) portait un écu orné de fleurs de lis [5].

De même pour son père, Pépin le Bref (714-768). L’encyclopédie [7]
rapporte que “Le Père Caussin croyait que le lis était, même avant Clovis, le symbole de la Gaule. Il fondait cette opinion sur une médaille d’Hadrien, empereur romain de 117 à 138 de notre ère, où l’on voit la Gaule tenant à la main un objet assez semblable à une fleur de lis qu’elle présente à l’empereur, qualifié sur la médaille de restaurateur de la Gaule”. Toutefois, les fleurs de lis n’étaient pas particulières aux rois de France. Elles étaient utilisées par la plupart des dirigeants. Les fleurs de lis ont orné des couronnes royales en Allemagne, en Espagne, en Lombardie, en Angleterre, etc. [5,[8]].





Fig. 1 Armoiries de Louis XIV
arborées à Québec au 18e s.



Fig. 2 Armoiries officielles
du Québec (1939)








Figure 3
Emblême officiel actuel du Québec.


Ce symbole de grande importance fut naturellement introduit en Nouvelle-France. Jacques Cartier raconte qu’il fit planter une croix de treize pieds de haut à Gaspé et qu’il y fit apposer un écu où furent gravées trois fleurs de lis [5,[9]]. Depuis lors, ce symbole a marqué l’établissement de nos ancêtres en Amérique du Nord et toute notre histoire des trois derniers siècles. La figure 1 montre “les armoiries que Gaspard Chaussegros de Léry, ingénieur des fortifications, avait commandées à Noël Levasseur en 1727. Cette sculpture sur bois ornait l’une des portes de Québec...” [1]. Il est important de remarquer que la fleur de lis des rois de France n’était pas blanche: elle était jaune or. On peut ainsi affirmer que la fleur de lis (ou fleur-de-lys) du drapeau québécois n’est pas un symbole royaliste, mais bien un symbole national, un signe de ralliement non seulement de tous les Québécois, mais aussi de tous les francophones nord-américains. C’est un symbole qui rappelle nos origines françaises et dont nous devons être fiers. Un noble symbole qui commande le respect, tout comme nos amis des États-Unis respectent leur bannière étoilée ( Star spangled banner ).


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[1] Le drapeau québécois, Jacques Archambault et Eugénie Lévesque, Éditeur Officiel du Québec, 1974.
[2] Manuel du blason, D.L. Galbreath, SPES, Lausanne, 1942.
[3] L’art héraldique, H. Gourdon de Genouillac, Gründ, Paris, 1900.
[4] Armoiries des provinces et villes de France, Jacques Meurgey, Bosse, Paris, 1929.
[5] Pour un drapeau indépendantiste, Raoul Roy, L es Éditions du Franc-Canada, Montréal, 1965.
[6] Histoire du drapeau, des couleurs et des insignes de la monarchie française, M. Rey, Téchener, Paris, 1837.
[7] Encyclopédie du XIXe siècle, Librairie de l’Encyclopédie, 1877, à “Lis”.
[8] Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, Larousse, Paris, 1872, à “fleur”.
[9] La grande aventure de Jacques Cartier, J. Camille Pouliot, H. Michelant et A. Ramé,
Paris, 1934, p. 42.

dimanche 13 décembre 2009

RÉFORME SCOLAIRE AU QUÉBEC, etc.



Compte rendu d'un livre qui traite d'une question de fond en éducation :

Normand Baillargeon. Contre la réforme


Joëlle Quérin
08-12-2009
Normand Baillargeon
Contre la réforme. La dérive idéologique du système d’éducation québécois, Montréal, les Presses de l’Université de Montréal, 2009, 174 pages.
Pour la plupart des Québécois, l’école a pour principale fonction de transmettre aux enfants des connaissances. L’histoire sert à les informer sur des événements qui se sont déroulés dans le passé. Les mathématiques leur permettent de connaître les lois des nombres. La biologie les renseigne sur le vivant. La chimie leur apprend les secrets de la matière.
Imaginons toutefois que vous croyez que la connaissance n’est qu’une construction du sujet pensant, qui ne se rapporte aucunement au « réel ». Qu’en fait, le « réel » n’existe pas vraiment, ou du moins, on ne peut pas prouver qu’il existe. Que la vérité n’existe pas non plus, et qu’en conséquence, nos connaissances peuvent être jugées viables ou non, mais jamais vraies. Que chaque individu produit à sa manière un savoir qui lui est propre, incomparable à celui des autres, et donc non transmissible d’une personne à l’autre. Imaginez que vos pensez tout ça. Quelle conception aurez-vous de l’école ?
(...)
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Publications récentes de Joëlle Quérin : clic.


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Un texte qui pose bien le problème du dérapage multiculturaliste...:

Reconstruction multiculturelle de l’identité québécoise : les censures à lever
Mathieu Bock-Côté



(...)
La première censure à lever est celle qui est posée sur la question de l’immigration, ce qui n’ira pas sans risque, ce qui ne se fera pas sans courage. Depuis les propos de Jacques Parizeau sur le rôle du vote ethnique dans la défaite référendaire de 1995, l’immigration est un tabou au Québec et nul ne peut contester la propagande officielle qui l’entoure sans risquer les pires épithètes. Pour avoir seulement contesté la hausse des quotas d’immigration, sans même plaider pour leur réduction, Mario Dumont au printemps 2008, a subi les foudres de la caste médiatique qui l’a accusé sans gêne de racisme et de xénophobie, de pratiquer une politique assimilable à celle de l’extrême-droite...
(...)
La deuxième censure est celle posée par le multiculturalisme qui, au Québec comme ailleurs, entraîne les peuples à se laisser culpabiliser, à se reconnaître dans une image dégradée de leur histoire, de leur passé, ce qui les convainc conséquemment de renoncer à leur héritage historique propre pour plutôt se fondre dans la nouvelle civilisation multiculturelle. La méthode est simple : la criminalisation de l’expérience historique de nos sociétés, jugées coupables de racisme, de sexisme et d’homophobie justifie leur déconstruction administrative et leur reconstruction intégrale selon les préceptes de l’égalitarisme identitaire.
Lire la suite : clic.

DOSSIER SUR LA QUESTION : CLIC



L'éducateur Nestor Turcotte a pour sa part des propositions-chocs de redressement que je trouve intéressantes, même si elles semblent inapplicables dans l'état actuel (déliquescent...) des choses :

« Les Québécois parlent « joual ». Ils pensent « joual ». Ils écrivent « joual ». Bref, le « joual » les caractérise du primaire à l’université. Le « joual » les singularise à la maison, à l’école, au travail, dans leurs loisirs. Le « joual » galope toujours au Québec, entretenu par une télévision bâtarde où abondent les onomatopées, les phrases syncopées, les mauvaises intonations, les mots entrecoupés de sacres et de blasphèmes. Les Québécois aiment parler « joual ». Ils le pratiquent par osmose. Entre « jouaux », ils arrivent à se reconnaître dans l’écurie. (...) »
(...)
« Il n’y a pas cinquante-six façons d’apprendre une langue. On apprend une langue - la langue française en occurrence - en prenant des dictées, en apprenant Lafontaine par cœur, en lisant les maîtres, en apprenant et en écrivant les règles de cette langue. Urgence donc de procéder à la rédaction, par des maîtres chevronnés, d’une grammaire universelle pour le primaire et d’une autre, plus complète, pour le niveau secondaire. Apprentissage par cœur des règles de cette grammaire. Retour à l’apprentissage systématique et journalier de mots de vocabulaire et remise à l’honneur de la dictée quotidienne, plus un temps obligatoire consacré à la lecture d’auteurs québécois et français. Examen ministériel et éliminatoire à la fin du cours primaire et secondaire. Aucun élève ne sera autorisé à passer du primaire au secondaire, du secondaire au Cégep et du Cégep à l’université sans avoir subi avec succès cet examen éliminatoire. Bref, un filet, aux mailles serrées, qui empêchera les ignorants de propulser leur incompétence à un niveau qu’ils ne devraient jamais atteindre.»
(...)

Lire l'article : clic.


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En terminant :

« ...être (Québécois) ce n’est pas seulement adopter des principes d’égalité et de justice sociale, mais c’est aussi des manières de vivre, de penser, de sentir et d’aimer particulières. C’est aussi une histoire qui, si elle trouve dans la « Révolution (tranquille » de 1960) une date charnière, n’en commence pas moins bien avant, jusque chez les Romains et les Gaulois. C’est surtout habiter un territoire, où ces manières particulières de vivre, de penser, de sentir et d’aimer pourront s’épanouir en toute liberté sous un paysage qui prolonge et reflète ces sentiments. C’est, enfin, un « espace public », qui tout en véhiculant une part d’abstraction nécessaire, suggère lui aussi des fondements plus charnels à l’identité commune. »


Retouché de clic.


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DEMAIN – Hymne au Québec
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lundi 7 décembre 2009

LA GUERRE CONTRE L'ANGLAIS...?


La guerre contre l’anglais... (?)
Richard Martineau
Canoë - jeudi 3 décembre 2009

Hier, dans Le Devoir, l’avocat Julius Grey a publié une charge en règle contre ceux qui veulent renforcer la loi 101.

« De façon générale, il est temps d’arrêter la bataille contre l’anglais », dit le défenseur des droits individuels.

Quoi ? Il y a une bataille contre l’anglais ? Au Québec ? Dites-moi où elle fait rage, maître Grey, car moi, tout ce que je vois, c’est le contraire, c’est-à-dire une lente et pénible érosion du français à Montréal.

EXCUSE MY FRENCH

Ma femme visite un « bar à ongles » dans le centre-ville. Toutes les informations sur les produits et les services offerts sont en anglais seulement, et la vendeuse n’est pas capable de dire un seul mot en français.

Nous allons stationner notre auto. Le préposé est incapable de me parler dans ma langue, et pique une colère quand je lui demande pourquoi il ne parle pas un traître mot de français alors qu’il travaille avec le public.

Nous nous rendons dans un centre d’activités pour enfants avec notre fils de 20 mois. Toutes les comptines diffusées pendant l’atelier sont en anglais, et 80% des indications données par la monitrice sont dans la langue de Mordecai.

IN ENGLISH ONLY

Ma femme se pointe à un cours de yoga. Le prof ne parle pas un mot de français, même si 75% des personnes présentes sont francophones.

La semaine dernière, les Montréalais étaient conviés à une expo de jeunes designers branchés. Nom de l’événement ? The Smart Design Mart, « une estrade unique comprise d’une variété de jeunes designers talentueux », disait (en klingon ?) le carton d’invitation.

Le site Internet est unilingue anglais.

Il y a deux semaines, je me suis présenté à un événement-bénéfice au profit d’un organisme d’aide pour jeunes en difficulté. Les indications étaient en anglais seulement et les organisateurs ne parlaient pas un mot de français.

Je vais dans un resto italien : l’hôtesse est incapable de me parler dans ma langue. Je vais dans un resto du quartier chinois : incapable de me faire servir dans ma langue.

Je vais dans une boutique de meubles : service en anglais seulement.

Tout ça dans l’espace de quelques jours.

Une guerre contre l’anglais, maître Grey ? Vraiment ?

QUEBEC IS RACIST !

Avez-vous lu l’enquête que nous avons publiée sur le monde du travail à Montréal ? Vous êtes unilingue anglais : vous n’éprouvez aucun problème à décrocher un emploi. Vous êtes unilingue français : on refuse de vous embaucher, car vous ne parlez pas anglais.

Avant-hier, ma femme s’inscrit à un cours de vélo stationnaire dans un gym. Le prof ne parle qu’en anglais, même si les 12 clients sont francophones. Ma femme va voir la fille à la réception pour se plaindre : la fille est unilingue anglophone.

De retour à la maison, ma femme raconte cette anecdote sur Twitter.

Lesley Chesterman, journaliste au quotidien The Gazette, lit son entrée et pète les plombs.

« I stopped following a Quebec media person on Twitter because of all her anglo bashing », écrit-elle.

Puis : « It’s the only thing I hate about living in this province. It’s racist and it drives me crazy. J’en ai marre ! »

C’est raciste, maintenant, de vouloir être servi en français ? Hé bien.

AUCUN PROBLÈME

Pendant ce temps, André Pratte de La Presse écrit que « l’érosion du français à Montréal est une vue de l’esprit », et Julius Grey affirme que le temps est venu « d’arrêter la bataille contre l’anglais ».

Vous voulez rire, ou quoi ?

Source
http://fr.canoe.ca/infos/chroniques/richardmartineau/archives/2009/12/200912 (...)

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À ce sujet, il faut relire

« NOUVELLE INGÉRENCE INACCEPTABLE...» (clic) dans ce blogue.

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VIGILE.net

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L’AUT’JOURNAL

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L’ACTION NATIONALE

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IMPÉRATIF FRANÇAIS

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DEMAIN – Hymne au Québec

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lundi 23 novembre 2009

NOUVELLE INGÉRENCE INACCEPTABLE...


Une question très actuelle...



Devrait-on obliger les allophones et les francophones
à fréquenter les cégeps en français?


C’était la question du jour de Cyberpresse le 22 novembre 2009.


Lire mon commentaire à la fin.
JL Dion


***
« L’importance d’agir »

Phase 2 de la campagne contre le jugement de la Cour suprême invalidant la Loi 104

Le 29 novembre prochain, à 13 h 00

Au Motel Royal La Barre, 2019, boul. Taschereau à Longueuil
Le Mouvement Montérégie français (MMF) vous invite à la phase deux de la campagne contre le jugement de la Cour suprême invalidant la Loi 104. Il s’agit du rassemblement soulignant le lancement officiel du Mouvement Montérégie français qui aura lieu le 29 novembre prochain à 13 h, au Motel Royal La Barre, 2019, boul. Taschereau à Longueuil.

Parmi les orateurs, nous aurons entre autres :
Michel GAGNON, président du MMF Montérégie,
Yves BEAUCHEMIN, écrivain,
Maria MOURANI, députée du Bloc Québécois,
Pierre CURZI, député du Parti Québécois,
Mario BEAULIEU, président de la SSJBM
Yvon SYLVA appuiera la manifestation avec des chansons de Félix Leclerc

La loi 104 a été adoptée à l'unanimité en 2002 par l’Assemblée nationale, mais la Cour suprême du Canada a déclaré inconstitutionnelles ces dispositions ajoutées à la Loi 101 et a donné un an au gouvernement du Québec pour les modifier. Le gouvernement du Québec, les partis d'opposition, les grandes centrales syndicales et plusieurs organismes de défense du français ont décrié cette décision du plus haut tribunal.

Établi au printemps 2009, le Mouvement Montérégie français a pour mission mission est de défendre et promouvoir le français en Montérégie, de participer à l’accueil et à la francisation des nouveaux arrivants.


********

Nous avons besoin d'un coup de main pour la campagne contre cet infâme jugement de la Cour suprême. Vous avez quelques heures à consacrer au MMF et un don à investir pour un Québec français? Engagez-vous et donnez généreusement! Appelez au 514-843-8851, poste 241 pour nous faire-part de vos disponibilités et … faites un don en ligne!

http://www.montrealfrancais.info/devenir_benevole



Pour avoir un aperçu de cette affaire, on peut commencer par lire cet éditorial du quotidien Le Devoir de Montréal :
«
La Cour suprême et la loi 104 - Coup dur »
Commentaire :

Bien sûr, aucun Québécois qui se respecte ne peut accepter l'ingérence de cette cour dans nos affaires.

La raison essentielle étant qu'elle n'a formellement aucune légitimité. En effet, le Québec n'a jamais accepté la constitution imposée en 1982 par le gouvernement canadien qui réduit unilatéralement les pouvoirs du Québec.

Il faut même reconnaitre que le Québec, par le fait même, n'est plus formellement partie de cette « fédération » canadienne qui est de plus en plus unitaire et anglophone. C'est notre indétermination actuelle qui fait que nous nous comportons comme si nous en faisions partie.

La constitution d'un État démocratique doit être acceptée très majoritairement par les citoyens, sinon elle est invalide. Or, elle a été rejetée à la quasi unanimité par notre Assemblée nationale.

Malheureusement, le gouvernement actuel du Québec qui a été élu par moins de 25% des électeurs en 2008 se montre toujours prêt à accepter ce que lui impose l'oligarchie « ottawaise ».

Cette situation ne saurait durer beaucoup plus longtemps sans de graves conséquences sur l'avenir de notre nation et de notre État, les seuls de langue française en Amérique du Nord.

Il convient donc de dénoncer avec vigueur cette ingérence comme totalement inacceptable et insultante, car elle sape les fondements de la démocratie au Québec. Il faut surtout agir.

Toutefois, je suis d'avis que l'obligation pour les allophones et les francophones de fréquenter les cégeps de langue française ne règle aucunement le problème de fond du Québec.

En effet, le problème est que le français, bien que seule langue officielle, n'est pas actuellement ESSENTIEL pour vivre et travailler au Québec, au même titre que l'anglais dans les provinces anglaises ou aux États-Unis. Si tant d'immigrés vont grossir d'une façon tout à fait aberrante des institutions telles que le cégep Dawson, et les universités Concordia et McGill, c'est qu'ils ne perçoivent pas la connaissance et l'usage du français comme essentiels. D'autre part, beaucoup trop de francophones,
par un malheureux réflexe d'aliénation culturelle, insistent pour leur parler anglais ! [*]

C'est même le message que leur envoie notre gouvernement en leur fournissant des services bilingues à tous, en violation de la Charte de la Langue française, une loi fondamentale.

Il est donc urgent que tous les francophones se comportent d'une façon digne en parlant poliment un français de qualité avec TOUS les Québécois et PARTOUT, en TOUTES CIRCONSTANCES.

Il est tout aussi urgent que notre gouvernement rétablisse la Charte de la Langue française dans son intégrité et surtout, la fasse respecter.
Jean-Luc Dion

[*] À ce sujet, il faut lire le texte admirable d'un Québécois originaire d'Argentine,
révolté par cette attitude servile et bête :

La loi rapaillée
Facundo Medina
Source : Le Devoir (clic), mardi 17 novembre 2009

Extrait :

«
Il y a dix ans que je suis arrivé au Québec. Ce ne fut pas un choix fait au hasard. J'ai choisi le Québec parce qu'on y parle le français, et le Québec m'a choisi pour la même raison. En Argentine, j'avais aussi étudié l'anglais. En fait, j'ai fait une partie de mon éducation universitaire dans un établissement anglophone. Pour moi, parler l'anglais, c'est une richesse et un atout.

Mais je n'aurais jamais le culot de demander aux Québécois de payer de leur poche pour l'éducation de mes enfants dans une langue autre que la langue officielle instituée par la loi 101. Ma conception de la démocratie diffère alors foncièrement de celle de mes collègues et amis. Il ne s'agit pas de mettre à genoux un peuple et un gouvernement pour faire valoir un droit individuel, mais de respecter une loi et une langue choisies et valorisées par l'écrasante majorité des francophones. De toute évidence, les juges de la Cour suprême n'ont pas été du même avis.
(...) »
Il faut aussi lire le texte de Louis Préfontaine qui lui fait suite : clic :

« (...) Je rêve du jour où l’exception ne sera pas un immigrant qui s’intègre à notre culture, mais le contraire.
Je rêve du jour où les Québécois, suffisamment fiers de ce qu’ils sont et insensibles aux critiques ancestrales dont on les affuble s’ils osent relever le menton, se donnent les moyens d’assurer la pérennité de leur langue en la parlant partout, en toutes circonstances.
Je rêve du jour où ils se donneront un pays non pas seulement pour avoir leur nom sur la « mappe », mais pour se débarrasser d’institutions contrôlantes et méprisantes de ce qu’ils sont.
Je rêve du jour où nous cesserons de financer avec nos deniers publics l’apprentissage d’une langue autre que le français.
Je rêve du jour où nous nous respecterons assez pour assurer notre survie.
»
Et celui de ce journaliste anglophone qui vient de terminer un cours intensif de français à Montréal :

L'anglo de Saint-Pierre
Ean Higgins

Le Devoir -- lundi 24 août 2009, p. a6

Que dois-je faire pour persuader les Québécois francophones de parler en français lorsque je m'adresse à eux?
Même si c'est, dans la plupart des cas, une politesse, il devient gênant pour un Anglo qui vient de finir un cours de français de plus haut niveau, quand il essaye d'utiliser la langue nationale du Québec, de constater qu'un francophone lui réponde en anglais.
Je suis tout à fait d'accord avec ceux qui dénoncent le fait qu'il existe plusieurs entreprises sur le Plateau Mont-Royal, à Montréal, où on ne peut pas être servi en français, car le propriétaire ou les employés ne le parlent pas. Mais il est ironique qu'un anglophone soit dérangé par cet illogisme.
Pour échapper à mon agacement, j'ai développé quelques tactiques. L'une d'entre elles est très simple: je continue mon boniment en français, quoi qu'il arrive.
Par exemple, l'autre jour, je suis allé au bureau de la Régie de l'assurance maladie du Québec, afin de renouveler ma carte, après avoir vécu trente ans en Australie. J'ai commencé à parler en français, mais la dame m'a répondu en anglais. J'ai fait semblant de n'avoir entendu que du français. C'était une petite victoire: elle a finalement daigné me parler dans la langue nationale.
«Est-ce que vous avez un bail?», m'a-t-elle demandé. «Je ne sais pas, Madame. Attendez, je vais consulter Le Petit Robert pour trouver le mot "bail"... Le voilà! Oui, bien sûr, Madame, j'ai un bail.»
Comme journaliste, je tiens au principe qu'il faut gêner les fonctionnaires le plus souvent possible, et c'était amusant de déranger cette femme ayant une fonction officielle. J'ai fait la même chose quand je suis rentré une fois de New York. À l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, j'ai insisté pour parler avec les agents de l'immigration en français. Alors, ils m'ont emmené dans une salle d'interrogatoire et m'ont cuisiné pendant une heure, mais, à contrecoeur, en français, la langue nationale du Québec.
Mais cette tactique est un tantinet trop agressive pour la soutenir dans la vie quotidienne. J'ai donc expérimenté d'autres stratégies. Quand, dans un dépanneur, par exemple, on m'a répondu en anglais, j'ai dit: «Désolé, Monsieur, mais je ne parle pas très bien l'anglais, car je viens d'Ukraine.»
C'était efficace, parce que rares sont ceux qui connaissent l'accent ukrainien. Aussi, en comparaison avec les Hollandais ou les Suédois, par exemple, il est crédible - grâce à la loi 101 - qu'un Ukrainien parle le français, mais pas l'anglais. Triste, mais personne n'a poussé la conversation pour me demander: «Comment c'est la vie en Ukraine?»
Donc, j'ai trouvé une autre stratégie, beaucoup plus satisfaisante. «Désolé, Mademoiselle, mais je ne parle pas très bien l'anglais; je viens de Saint-Pierre et Miquelon.» Je crois que cela va être plus utile pour développer des conversations avec les Québécois et Québécoises francophones dans les bars.
«Bien sûr, Mademoiselle, c'est un accent très étrange. Vous savez, nous descendons des Basques et des Bretons.» (J'ai trouvé cette explication sur Internet.) «Donc, Mademoiselle, même les Français de la métropole trouvent que c'est un accent bizarre.»
D'ailleurs, si on fait une erreur grammaticale, et que la Québécoise me corrige, on peut dire: «Mademoiselle, je trouve ça très intéressant; nous devons avoir quelques nuances en grammaire qui sont uniques à Saint-Pierre et Miquelon.»
J'ai l'intention de traîner avec moi un exemplaire du Monde, pour l'emporter aux bars, et - si j'en trouve un - un livre concernant Saint-Pierre et Miquelon avec beaucoup de grandes illustrations, pour rendre mon histoire plus crédible.
Comme ça, je pourrais aussi dire: «Alors, Mademoiselle, peut-être voudriez-vous me rendre visite pour voir cette excellente description de ces belles îles françaises où je vis? Je me présente: je m'appelle Alexis de Tocqueville.» Tout simplement - il faut le dire - pour pratiquer la langue nationale.
Ean Higgins : Journaliste qui vient de terminer un cours intensif de français à l'Université McGill
© 2009 Le Devoir. Tous droits réservés.
Numéro de document : news·20090824·LE·263881



Le correspondant européen à Paris du Devoir, Christian Rioux, a relevé des faits très intéressants sur la question...:


L'exception québécoise

Christian Rioux Le Devoir -- 30 octobre 2009

En février 2008, alors qu'il était chef de l'opposition, Mario Dumont avait fait escale à Paris avant de s'envoler pour Barcelone. C'était l'époque où il s'était mis dans la tête de prêcher le modèle catalan au Québec. Cette étrange idée lui avait probablement été soufflée par le brillant universitaire Guy Laforest, qui s'était lui aussi entiché de la Catalogne. Ceux qui connaissent cette région autonome du nord-est de l'Espagne savent pourtant que, depuis trois décennies, c'est plutôt la Catalogne qui s'est inspirée du Québec dans ses lois linguistiques ou pour le doublage des films.

Sans qu'on ait jamais vraiment compris pourquoi, Mario Dumont rêvait de renverser l'équation. Sur un ton espiègle, je l'avoue, j'avais donc posé la question suivante: «Si la Catalogne représente un exemple pour le Québec, quand proposerez-vous l'application de la loi 101 au cégep? Chacun sait qu'en Catalogne, l'enseignement est en catalan de la maternelle à l'université.»

Mesurant soudainement le terrain glissant sur lequel il s'était engagé, le chef de l'opposition avait eu un moment d'hésitation. Puis, il avait détourné le regard avant de trouver une esquive. Et pourtant, s'il est un domaine où la Catalogne pourrait nous inspirer, c'est bien celui-là. Même si les Catalans dits de souche ne représentent plus que 50 % de la population, le système scolaire, lui, est en catalan jusqu'à l'université. Dans un tel contexte, vous comprendrez que les largesses de nos collèges, qui permettent à 41 % des collégiens issus de l'immigration de s'angliciser aux frais de l'État, passeraient pour de la folie pure.

Lorsqu'on l'examine à partir de l'étranger, l'idée d'appliquer la loi 101 aux collèges est loin d'être l'hérésie que certains dénoncent chez nous. On pourrait même dire que cette façon de faire est devenue la norme dans les fédérations modernes où coexistent plusieurs nations.

Prenez la Belgique. Dans les années 80, le pays n'a retrouvé une certaine paix qu'en appliquant un strict régime de séparation linguistique. Je ne dis pas que la situation est aujourd'hui idéale, mais au moins on ne s'affronte plus dans les rues. À l'exception de certaines communes dites «à facilités», l'école est en néerlandais en Flandre et en français en Wallonie. Et ce régime s'étend jusqu'à l'université. En 1968, l'éclatement de l'Université de Louvain, entre sa partie francophone (maintenant à Louvain-la-Neuve) et sa partie flamande, avait fait grand bruit. Elle est aujourd'hui considérée comme normale et l'idée ne viendrait à personne de revenir au libre choix.

Seul Bruxelles, considéré comme un district bilingue, jouit de la liberté de choix. Or cette «liberté» a toujours joué contre les Flamands qui, en moins d'un siècle, y sont devenus une minorité. Malgré un certain regain des écoles flamandes ces dernières années, la plupart des immigrants qui vivent à Bruxelles choisissent la langue dominante, le français, contribuant ainsi à la minorisation des Flamands dans leur propre capitale. L'exemple n'est-il pas éloquent pour Montréal?

On pourrait aussi parler de la Suisse, où chaque canton administre ses écoles dans sa langue. Vue sous cet angle, la minorité anglophone du Québec est certainement la plus choyée du monde. Elle jouit de beaucoup plus d'«accommodements raisonnables» — que l'on me pardonne l'expression — que les Castillans en Catalogne, les Wallons en Flandres et les Suisses alémaniques en Suisse romande. Cette tolérance honore les Québécois, mais de là à pousser la naïveté jusqu'à financer l'anglicisation des immigrants qui fréquentent le cégep, il y a une marge que ni les Suisses, ni les Flamands, ni les Catalans ne seraient prêts à franchir.

Vu d'Europe, un dernier élément rend la situation des cégeps québécois parfaitement incongrue. Partout, l'enseignement collégial fait dorénavant partie de l'enseignement de base. En France, c'est 80 % d'une classe d'âge qui devrait bientôt obtenir le diplôme collégial. Il y a longtemps que le collège n'est plus considéré comme un niveau complémentaire, bien qu'il ne fasse pas entièrement partie de la scolarité obligatoire. C'est pourquoi, contrairement à l'université, le collège conserve dans de nombreux pays (dont le Québec) un fort tronc commun dispensant un enseignement jugé essentiel pour tous. Il ne viendrait pas à l'idée d'un Catalan ou d'un Flamand qu'un immigrant puisse s'intégrer correctement et occuper des postes de responsabilité sans avoir suivi, par exemple, les cours de littérature, d'histoire et de philosophie que dispensent les collèges catalans et flamands. Bref, sans communier à la culture de la majorité qui s'acquiert en bonne partie au collège. De plus, on ne fera croire à personne qu'un collégien qui étudie en anglais parle aussi bien notre langue que celui qui étudie en français. Le français parlé par nos élites est-il à ce point satisfaisant que nous puissions dispenser 41 % des immigrants et 4 % des francophones des cours et de la pratique du français offerts dans les cégeps francophones?

Dans le débat qui s'amorce, nombreux sont ceux qui brandiront la liberté de choix linguistique au collège comme un principe universel et intouchable. Sachons que, dans ce domaine, c'est plutôt le Québec qui fait figure d'exception.


crioux@ledevoir.com
Pr Jean-Luc Dion, ing., D. Sc.
Titulaire retraité et professeur associé
Dép. de Génie électrique et Génie informatique
Université du Québec à Trois-Rivières

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Le parcours d'un combattant
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De l'indépendance du Québec

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http://tonylesauteur.com/xinde.htm

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DEMAIN – Hymne au Québec
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mardi 17 novembre 2009

PORTEURS D'EAU +++



Dans un écrit du 24 avril 2009...
« Ici au Québec, on pose assez peu de questions dérangeantes et, quand certains le font, on les ignore. L'habitude de se laisser tondre docilement... Dans ce domaine, voyez l'éditorial récent de J.R. Sansfaçon : Porteurs d'eau. Autres documents dans « Les grands Labours ».»
Or, tous ne sont pas abonnés au Devoir, malheureusement. Voici le texte en question :

Mines - Porteurs d'eau
Jean-Robert Sansfaçon
Le Devoir -- Édition du mercredi 08 avril 2009

Ce qu'on ne sait pas ne fait pas mal, veut l'adage. Dans le cas des ressources naturelles dont regorge le sous-sol du Nord québécois, il y en a qui savent et qui en profitent pour se remplir les poches sans se soucier de ce qu'ils laissent derrière eux. Et ils le font avec la complicité du gouvernement du Québec.

Les compagnies minières qui exploitent les ressources du sous-sol québécois se comportent comme des prédateurs au service de leurs seuls actionnaires. Si les minières agissent de la sorte, c'est parce que Québec, qui prétend vouloir créer de l'emploi, leur accorde des privilèges indus en délaissant son rôle de fiduciaire de nos richesses collectives. Il y a quand même une différence entre développer l'économie et épuiser la ressource, mais on ne semble pas l'avoir compris à Québec.

Dans son dernier rapport publié la semaine dernière, le Vérificateur général du Québec dit les choses de façon plus diplomatique. Mais les données qu'il a compilées ne laissent aucun doute. Non seulement le ministère des Ressources naturelles, présentement dirigé par M. Clause Béchard, ne fait pas son travail de surveillance des sites miniers pour s'assurer de leur conformité aux lois, mais il néglige de collecter la plus grande partie des sommes que les compagnies devraient fournir pour assurer la réhabilitation future des lieux.

Au cours des dernières années, l'exploration et l'exploitation minières ont connu un boom fantastique. Malgré cela, peu de nouveaux emplois ont été créés et on ne sait rien des retombées économiques que cela a entraînées. Le ministère n'a aucune statistique, aucun plan de développement des mines, aucun portrait précis de l'état des réserves, et il ne fait aucun suivi de l'évolution de la situation.

Le Nord-du-Québec, c'est le royaume des compagnies forestières et minières. Dans 56 % des cas d'inspections effectuées par les fonctionnaires, aucun rapport n'a été produit, et «dans la quasi-totalité des dossiers, [...] aucune trace de collaboration entre les inspecteurs» des Ressources naturelles et ceux du Développement durable. Si au moins une telle exploitation de nos ressources rapportait quelque chose aux Québécois! Mais non!

Entre 2002 et 2008, les producteurs d'or, de zinc, de cuivre et d'autres minerais ont extrait pour 17 milliards de dollars du sous-sol québécois. Oui, 17 milliards! De cette somme monstrueuse, ils n'ont versé que 259 millions en droits miniers, soit un minable 1,5 % de leur production. [*]
[*] D'après la loi qui est continuellement violée avec la complicité de notre gouvernement, les recevances versées auraient dû être d'au moins 2,04 milliards de $. !

Pire que ça: pour s'approprier ainsi nos richesses non renouvelables et les vendre au plus offrant, Au moins, Duplessis exigeait onze cents la tonne, c'était mieux qu'un solde négatif ! ils ont reçu 624 millions en crédits d'impôt du seul gouvernement du Québec!

Faut-il s'étonner d'apprendre que moins de trois mois après avoir été battu, en 2007, l'ineffable ministre libéral des Ressources naturelles du temps, Pierre Corbeil, a été embauché par la compagnie minière Canadian Royalties, qui exploite un des plus importants gisements du Québec, et qu'une fois revenu au sein du cabinet Charest, l'automne dernier, il a été nommé ministre (ir)responsable du Nord-du-Québec? Faut-il s'étonner encore que M. Charest et lui viennent tout juste d'annoncer des investissements de 106 millions dans les aéroports du Nord en prenant pour prétexte que cela aidera les communautés autochtones à se développer? Dindons de la farce, dites-vous?

j-rsansfacon@ledevoir.ca
Voir aussi :
« Des sociologues dressent pour la première fois un inventaire potentiel des sites abandonnés d'exploration minière au Nunavik »

Raglan Nickel Copper Mine

Où l'on peut lire ceci qui démontre bien le régime colonial que nous subissons par notre incurie collective :
« Its isolated location means that Raglan has to rely on shipping links during the ice-free season for both supplies and concentrate shipments. Concentrate is transported by road from the mine to the port at Deception Bay, then shipped to Quebec City. From there it is transported by rail to Falconbridge’s smelter at Sudbury, Ontario. Smelted matte is returned to Quebec City and shipped to the company’s Nikkelwerk refinery in Norway for final nickel production. »
Traduction libre :
« Vu le site isolé de Raglan, l'approvisionnement et les expéditions de concentré se font quand il n'y a pas de glace. Le concentré est transporté par route de la mine au port de Baie Déception, d'où il est transporté à Québec. De là, il part par chemin de fer à la fonderie de Falconbridge à Sudbury, Ontario. La fonte de nickel est alors retournée à Québec, puis expédiée à la raffinerie Nikkelwerk en Norvège pour la production du métal raffiné... » !!!

On comprend alors que les pertes pour le Québec sont effectivement énormes. Des pertes qui se transformeraient sûrement en gains si nous prenions l'initiative d'être maitres chez nous et d'assumer toutes nos responsabilités nationales et internationales dans la solidarité et l'excellence.
Pendant ce temps, ces mêmes irresponsables mandatés coupent dans tous les budgets vitaux, santé, éducation, élargissent les PPP à d'autres prédateurs, veulent s'enfoncer dans les dettes avec DEUX C.H.U. à Montréal dans un régime d'apartheid, etc.

Ah ! le doux plaisir d'être tondu... !

* * *

« La bêtise humaine est la seule chose
qui donne une idée de l'infini. »

Ernest RENAN
Extrait de Dialogues et fragments philosophiques

« La différence entre le génie et la bêtise,
c'est que le génie a des limites. »

Robert BYRNE

« Quand la loi redevient celle de la jungle,
c'est un honneur que d'être déclaré hors-la-loi. »

Hervé Bazin
Extrait d'Un feu dévore un autre feu

[...] Nous pouvons conclure de là
Qu'il faut faire aux méchants guerre continuelle.
La paix est fort bonne de soi,
J'en conviens ; mais de quoi sert-elle
Avec des ennemis sans foi ?

Jean de LA FONTAINE (1621-1695)
-- Les Loups et les Brebis --



Intéressant...

Des professionnels qui n'ont pas peur de poser des questions pertinentes (et dérangeantes...) :
Welcome to Architects & Engineers for 9/11 Truth!

642 architectural and engineering professionals
and 3564 other supporters including A&E students
have signed the petition demanding of Congress
a truly independent investigation.
SOURCE : clic
Un autre document qui pose de bonnes questions :
Le point, huit ans après
David Ray Griffin : Un nouveau regard sur le 11-Septembre

Le professeur David Ray Griffin, figure centrale aux États-Unis du mouvement pour la vérité sur le 11-Septembre, vient de délivrer une série de conférences en Europe dont nous reproduisons le script. Il y fait le point sur l’évolution de la contestation : de nombreuses associations professionnelles se sont désormais constituées qui ont apporté l’expertise nécessaire à la démonstration des mensonges de la version bushienne des attentats. Surtout, le FBI a indiqué ne pas avoir d’élément permettant d’accuser Oussama ben Laden de quelque responsabilité dans ces attentats, et a démontré que les prétendus appels téléphoniques passés par des passagers depuis les avions détournés n’ont jamais existé. La version gouvernementale ne repose plus sur rien.
[...]
19 avril 2009
Voir : clic

Et une analyse qui n'est pas bête du tout par un homme de grande expérience en géopolitique, le Général Gallois :

« La France entrée totalement dans l’OTAN, renonçant à une part de souveraineté, a été remerciée par l’entrée – qu’elle veut retarder – de la Turquie dans l’Union européenne. Aussi se découvre un tout nouveau visage du jeune président sauveur. Il cherche à réconcilier les Etats-Unis et le monde musulman aux dépens de ses alliés européens. « Les Etats-Unis ne font pas la guerre à l’ « Islam » a-t-il affirmé.»

Certes, en Occident on ne veut pas faire la guerre à l’Islam, mais c’est un jeu de mot. En Irak, en Afghanistan, ce sont des musulmans qui sont bombardés, c’est aussi l’Iran qui est menacée, si bien que le président Obama a isolé l’Islam du monde musulman afin de resserrer les liens entre Washington et Ankara (dont le concours est indispensable au retrait des forces américaines d’Irak). L’ambiguïté de ses propos et surtout l’intervention directe dans les affaires de l’Union européenne ne sont guère appréciées de ce côté ci de l’Atlantique.

Fautes de jeunesse… peut-être, avec le temps, deviendra-t-il un bon président ?

Pierre Marie Gallois

Source : clic

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