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dimanche 31 décembre 2006

LE BULLETIN DE LA RÉPUBLIQUE 2006-12-30


LE BULLETIN DE LA RÉPUBLIQUE

Le statut de nation ne se quémande pas, ni ne se donne :
il s'acquiert par le courage, la solidarité, le travail, les convictions,
le respect des traditions, et des gestes concrets d'appropriation du territoire.


Que l'année 2007 soit celle
d'un renforcement de l'unité nationale des Québécois
et d'une véritable prise en main de notre avenir.
Bonne et heureuse année à tous !


CONTENU

«» Encore plus d’hydrolingots -- Le Devoir
«» Sur l’attentisme et ses effets délétères -- Robert Laplante, L'Action nationale
«» L'identité québécoise n'est pas à vendre -- Juge André Marceau, Le Devoir
«» Le Québec à l'UNESCO: une savoureuse plaisanterie -- Jean-Marc Léger, Le Devoir
«» Où en est la pensée québécoise telle qu'on la publie ?
«» Le beau texte de Tania Kontoyanni : MA PATRIE
«» Divertissements
«» Les pensées du jour
«» Liens utiles


Encore plus d’hydrolingots

Jean-Robert Sansfaçon
Éditorial - Le Devoir - lundi 18 décembre 2006

Source : clic

(...) Ce sont les dénonciateurs de « l’immobilisme » qui seront contents : grâce à l’argent des contribuables, Alcan agrandira ses installations d’Alma (ou d’Arvida) et construira une usine pilote équipée d’une technologie moderne susceptible d’être exportée. Grâce à ces deux projets qui s’échelonneront sur une dizaine d’années, 740 emplois seront créés auxquels s’ajouteront les postes créés pendant la construction et ceux des PME invitées à fournir des équipements et des services exportables.

Voilà d’ailleurs l’élément le plus intéressant de cette entente : pour chaque usine équipée de la nouvelle technologie dite AP-50 qui sera exportée dans le monde par la suite, Alcan laisse miroiter des retombées potentielles de 500 millions chez les fournisseurs d’équipements et de services du Québec.

Cela dit, il n’y a rien de gratuit en ce bas monde. Pour qu’Alcan accepte d’investir ces 2,1 milliards au Québec, il a fallu que le gouvernement Charest y mette du sien... ou du nôtre. D’abord, un prêt de 400 millions sans intérêt pour trente ans. L’argent prêté étant emprunté par Québec, il faudra ajouter cette somme à la dette publique.

Deuxième concession : une aide fiscale de 110 millions à laquelle se grefferont des crédits d’impôt de recherche et développement dont le montant est inconnu. Troisième élément : la prolongation jusqu’en 2058 du bail qui autorise Alcan à produire elle-même de l’électricité sur la rivière Péribonka. Québec a aussi accepté de rouvrir un autre contrat pour prolonger une entente qui force Hydro-Québec à fournir un bloc de 348 MW de puissance jusqu’en 2045 au tarif de grande puissance indexé selon une formule qui place Alcan à l’abri d’éventuels chocs tarifaires. En d’autres mots, si nos « lucides » parvenaient à convaincre un gouvernement de hausser le prix de l’électricité pour alimenter quelque fonds des générations, les alumineries seraient à l’abri.

Dernière concession, majeure celle-là : Hydro-Québec devra fournir un nouveau bloc de 225 MW d’électricité à tarif préférentiel pour un minimum de 35 ans à partir de 2010. Or, comme le tarif L est inférieur aux coûts de production des kWh d’électricité qui seront produits à l’avenir, on aura compris que nous voilà repartis dans les hydrolingots à forte valeur fiscale ajoutée !

Au total, l’aide publique directe dépassera le demi-milliard. Et en ajoutant le manque à gagner causé par les tarifs d’électricité inférieurs au prix du marché des exportations, on peut déduire que les contribuables du Québec prendront à leur charge annuellement la masse salariale totale des 750 nouveaux employés d’Alcan, voire davantage. Comme disait Confucius : « Faut c’qu’il faut ! »

(...)

Noël s’en vient, à chacun de faire parvenir sa liste de cadeaux à l’adresse suivante : Père Noël, Colline du parlement, Québec-en-mouvement, Ho-Ho-Ho !
Jean-Robert Sansfaçon

Article complet : clic

[ NdJLD ] N'est-ce pas là une bonne démonstration de l'irresponsabilité et de l'incompétence de nos dirigeants, tous genres confondus, depuis de nombreuses années ? Dans cette affaires, comme dans tellement d'autres, c'est cette bonne poire de Québécois qui paye et ce sont d'autres qui empochent les véritables profits.
Un gouvernement responsable et compétent verrait à ce qu'une grande compagnie québécoise, privée ou d'État (la Société générale de Financement, par exemple), fasse un investissement en échange d'actions et devienne partenaire de l'aluminerie plutôt que de donner bêtement l'argent des citoyens
Un autre exemple est le secteur des ressources minières où le Québec ne retire pas le centième des profits qui sont faits par de grandes compagnies étrangères en vidant notre sous-sol.

Ceci me rappelle que dans ses « Dialogues et fragments philosophiques », Ernest RENAN a écrit :

« La bêtise humaine est la seule chose qui donne une idée de l'infini. »

Albert Einstein a, par la suite, dit quelque chose de semblable, mais j'ignore s'il connaissait la pensée de Renan...


Sur l’attentisme et ses effets délétères
L'Action nationale - Décembre 2006 -- Éditorial de Robert Laplante
Il s'est écrit et dit beaucoup de choses ces derniers temps sur la morosité et l'immobilisme dont souffrirait le Québec. Nous avons eu droit à beaucoup de lieux communs, à de pseudo-débats et surtout, à des exercices d'autoflagellation qui ont permis à quelques notables de blâmer encore toute une société parce qu'on ne les a pas laissés piger dans les fonds publics pour se donner l'impression qu'ils entreprennent de grandes choses. Le peuple a le dos large, c'est bien connu. (...)
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L'identité québécoise n'est pas à vendre
Le Devoir, 8 décembre 2006
À Cambridge en 1992, devant Pierre Elliott Trudeau et un fort groupe de juges canadiens dont j'étais, le professeur Yoram Dinstein, alors président de l'Université de Tel-Aviv, en Israël, une autorité incontestable en droit international, avait affirmé tout haut que le Québec constituait de toute évidence un peuple (en anglais, people signifie «nation»), sinon, il n'y avait aucun peuple sur Terre. («If Quebec is no people, there is none on Earth.»)
***
André Marceau
Juge retraité de la Cour du Québec et vice-président de la Société historique de Québec
Québec, le 3 décembre 2006
***
M. Trudeau, contrarié par cette affirmation, leva la main et lui demanda ironiquement: «Et les Palestiniens du Golan, M. le professeur, constituent-ils un peuple eux aussi?» Et le savant professeur lui répondit devant tout le groupe: «Certainement, M Trudeau, et je dois ajouter qu'ils le sont encore plus depuis que nous avons créé l'État d'Israël.»

Les Canadiens juifs, qui sont très nombreux aux alentours des libéraux et dont les ancêtres ont parcouru le monde pendant des siècles avant de s'apercevoir, avec l'Israël d'aujourd'hui, qu'il est extrêmement difficile de se refaire un vrai pays à soi-même, devraient expliquer au nouveau chef du Parti libéral du Canada qu'il est sur une fausse piste s'il croit que le peuple québécois continuera d'accepter longtemps le joug du Canada.

L'identité de notre peuple repose depuis Champlain sur 399 ans de vie commune, sur des vagues d'immigration d'origines diverses, sur une vie tricotée serré aux alentours du grand fleuve, sur l'humanisme de l'Évangile, et son histoire commune est pleine d'énormes injustices et de spoliations de toutes sortes. C'est sa patience séculaire et la nécessité de perdurer comme tel en français qui ont réussi à cimenter sa résistance à l'assimilation. Son identité n'est pas à vendre.


Le Québec à l'UNESCO: une savoureuse plaisanterie

Jean-Marc Léger, Le Devoir, le 21 décembre 2006

Je trouve à la fois savoureux et affligeant que nombre de nos médias, et non des moindres, aient pris au sérieux la véritable mystification que constitue l'annonce de l'entrée éventuelle du Québec à l'UNESCO. Comment des rédacteurs et des commentateurs en principe sérieux et informés ont-ils pu une fois encore se laisser duper par les effets d'annonce de l'affabulateur Stephen Harper, qui poursuit sa cour effrénée du Québec? Comment ont-ils pu oublier la vieille leçon de la fable: «Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute»?

L'UNESCO, comme toute autre organisation de la famille des Nations unies, ne peut accepter en son sein que des États indépendants quel que soit le statut qui leur est attribué, membres à part entière ou observateurs. Par ailleurs, chaque État peut composer sa délégation comme il l'entend, que ce soit lors de la conférence biennale ou lors de toute autre manifestation. Et chaque État membre ne dispose que d'un siège au sein de cette organisation. Ce qui est arrivé, c'est que le gouvernement central, dans le cadre d'une entente Ottawa-Québec, a décidé d'attribuer formellement une place clairement identifiée au Québec lors de chaque conférence de l'UNESCO, avec droit pour le Québec de désigner lui-même son représentant au sein de la délégation canadienne. C'est ce dernier élément qui constitue la seule innovation. Encore une fois, cela concerne strictement les relations Ottawa-Québec et nullement les prétendus rapports Québec-UNESCO, qui ne sauraient exister... tant que le Québec n'aura pas le courage d'assumer son indépendance et d'apparaître sur la scène internationale comme État souverain.



Où en est la pensée québécoise telle qu'on la publie ?

Vous le saurez toujours si vous vous abonnez aux Cahiers de lecture de L'Action nationale.

J'ai le plaisir de vous annoncer que le tout premier numéro des Cahiers de lecture de L'Action nationale sortira le 25 janvier 2007. En fichier joint, vous trouvez reproduite l'attrayante page couverture de ce numéro 1.

Les Cahiers de lecture, ce sont 32 pages, format tabloïd, qui recensent les essais québécois, à raison de 2 numéros par année. Les Cahiers ratissent large, en même temps qu'ils sondent certains essais plus en profondeur. Signalements de parution complets et précis, comptes rendus rigoureux, notes critiques allumées permettent de saisir rapidement où en est la pensée québécoise telle qu'on la publie. Le tout accompagné de photos des pages couverture des livres, de données bibliographiques exhaustives, d'un éditorial et d'articles de circonstance ou d'approfondissement.

Afin d'asseoir cette publication sur une bonne base et en assurer l'avenir, nous l'offrons en pré-lancement aux amis et connaissances à un prix de circonstance. Voyez :

L'achat d'un numéro en kiosque coûte 8,95 $, soit, pour deux numéros, 17,90 $.

L'abonnement annuel régulier (2 numéros) coûte 15 $.

En pré-lancement, l'abonnement annuel est à seulement 12 $.

Apprenez-en plus en ligne et abonnez-vous :

http://www.action-nationale.qc.ca/index.php?option=com_leboutique&Itemid=65&task=product_list&catid=8

N'hésitez pas à transmettre cette offre aux amis et aux proches.

Le cadeau des Fêtes que vous cherchiez est peut-être trouvé !...

Au plaisir de vous compter parmi les abonnés, historiques !, de cette nouvelle publication.


Richard Gervais

Secrétaire de rédaction

Cahiers de lecture de L'Action nationale

rivais@cgocable.ca



Le beau texte d'une jeune Québécoise

MA PATRIE par Tania Kontoyanni

Je m’appelle Tania KONTOYANNI.
Mon nom et mon visage vous renvoient tous les jours mes origines étrangères
Et souvent vous oubliez que je suis, jusque dans mes trippes, une QUÉBÉCOISE.

Je suis née dans la ville de Québec.
Alors qu’au même moment, une cruelle dictature éclatait au pays de mes parents,
moi, j’avais la chance de naître dans un Québec au bord de « la révolution TRANQUILLE »…
À peine venue au monde, ma patrie m’enseignait que les bains de sang ne sont pas nécéssaires au changement. Ici, on allait faire les choses autrement.

Je suis entrée dans l’adolescence au moment où le peuple québécois revendiquait son identité distincte et tentait pour la première fois de se donner un pays. DÉMOCRATIQUEMENT.

J’ai grandi en ayant le privilège et le droit de célébrer la culture de mes parents, de m’éduquer, de me tromper, de changer de voie, de devenir ce que je souhaitais…
Le Québec a fait de moi une femme libre de ses choix et je me battrai toujours pour qu’il le soit aussi.

Quand je voyage à l’étranger et qu’on me demande : « c’est comment le Québec? »… mon cœur explose de fierté.
Parce que je l’aime!
J’aime ses vastes territoires qui inspirent la liberté.
J’aime me baigner dans l’eau claire de ses lacs.
J’aime emprunter les premières routes de son histoire, en canot.
J’aime le parfum de ses forêts.
J’aime m’apaiser devant son fleuve.
J’aime avoir le vertige de ses hautes gorges, de ses falaises et de sa beauté.
J’aime connaître le Québec de fond en comble, parce que l’on n’aime bien que ce que l’on connaît.
J’aime ses saisons, ses étés luxuriants, ses automnes flamboyants,
ses hivers durs et longs qui nous renvoient à la maison, à l’introspection et…
Oh combien j’aime ses printemps! Quand ça sent le lilas dans les ruelles de Montréal, tous les espoirs sont permis…

Et c’est en ma patrie que je fonde mes plus grands espoirs.
Parce que je vois la jeunesse Québécoise revendiquer sa place dans le choix de nos orientations,
Je la vois se préoccuper d’écologie, d’altermondialisme, d’éducation, de commerce équitable
Je la vois se conscientiser.
J’ai espoir parce que de plus en plus de Québécois troquent leur auto pour leur vélo, recherchent des aliments sains et décrient la surconsommation.
Parce que de plus en plus de Québécois comprennent que la démocratie c’est pas un X tous les quatre ans,
Si ça répond pas à nos aspirations, on prend les rues puis on le critique le gouvernement.
J’ai espoir parce que j’entends encore résonner, sur le sol gelé, les pas de centaines de milliers de Québécois manifestant contre la guerre.
J’entends résonner les pas de la solidarité envers les femmes d’ici et du monde entier.
J’entends encore et toujours notre générosité répondre aux grands drames humains.

J’ai espoir parce que nous sommes une poignée d’irréductibles,
Parce que notre langue est encore vivante,
Parce que la chanson populaire reprend ses propos révolutionnaires,
Parce que nos créateurs, malgré la pauvreté de leurs moyens, sont assez passionnés pour que nos arts et nos lettres fleurissent ici et ailleurs
J’ai espoir parce que nous sommes un « nouveau monde » et que tout est à faire…

Oui, j’ai l’espoir toujours vivant, qu’un très grand courant va se déployer comme le St-Laurent et prendra sa source ici, au Québec.
J’ai espoir que nous élèverons notre voix parmi toutes les nations de la terre et que nous saurons les inspirer.
J’ai espoir que nous préparons à notre manière, « tranquillement », notre prochaine révolution.

Nos forces vives,
C’est la sagesse des Premières Nations et le respect sacré qu’elles vouent à la nature,
C’est la détermination du peuple qui, abandonné à son sort, a réussi à défricher une contrée surhumaine, et fonder notre patrie : le Québec.
C’est le courage de tous ces immigrants qui ont quitté leur terre natale pour un avenir meilleur…
Oui, je le sais que c’est difficile de résister au courant dominant d’un capitalisme sauvage. Je l’entends bien, quand on me dit : « Utopie ! Illusions ! Idéalisme ! »
Mais si le Québec m’a appris une chose, c’est qu’on ne baisse pas les bras, même après la déception !

Chefs et décideurs d’aujourd’hui et de demain,
Entendez-vous la voix du Québec?
La politique du mensonge et du faux-semblant,
La manipulation des masses,
L’indifférence face au destin de l’humanité,
Le Québec ne veut plus les endosser.
Pensez-y dans votre projet de société!

Nous devons, aujourd’hui, rassembler toutes les cultures qui se côtoient chez nous, autour d’un avenir commun.
Nous devons concevoir son image en puisant notre inspiration dans la source même de cette civilisation que les Québécoises et les Québécois ont bâtie.
Et surtout, nous devons plus que jamais continuer notre marche vers un Québec qui soit le seul maître de son destin!

Source : Bulletin du CSQ, oct. 2006



DIVERTISSEMENTS

Un spectable renversant de Jérôme Murat : clic
Un mystérieux lecteur de pensées : clic



Les pensées du jour

Cliquez sur les noms...

« Les vrais hommes de progrès
sont ceux qui ont pour point de départ
un respect profond du passé. »

Ernest RENAN, philosophe et écrivain français (1823-1892)

*****

« Trop de Québécois ont le nez collé sur l'arbre

autour duquel ils piétinent frileusement,

et ne voient pas l'immensité de la forêt où ils devraient évoluer,

en étant pleinement maîtres de leur destin !...»

Sénèque


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